Freedom from Want

The Remarkable Success Story of BRAC, the Global Grassroots Organization That's Winning the Fight Against Poverty

Freedom from Want

Ce n’est pas tout le monde qui sait ce qu’est « BRAC ». Bien qu’il s’agisse de l’une des ONG les plus grandes, les plus diversifiées et les plus prospères au monde, l’organisation est méconnue à l’extérieur du Bangladesh. Le président du conseil d’administration de l’DDII, Ian Smillie, est en voie de changer tout cela grâce à son nouveau livre intitulé « Freedom From Want ».

M. Smillie, expert de renom en matière de développement international, nous en dit un peu plus sur BRAC et sur l’homme incroyable qui l’anime.

Questions et réponses avec Ian Smillie :

Bill Clinton a fait une critique dithyrambique de votre livre. Comment cela est-il arrivé?

Bien des gens m’ont donné d’excellentes notices pour la page couverture – Bill Clinton, Amartya Sen, Mary Robinson, George Soros, Ellen Johnson Sirleaf. J’aime à croire que c’est parce qu’ils ont aimé le livre, et je présume que c’est le cas. Mais je pense que cela a un rapport avec BRAC et avec l’importance de faire connaître l’histoire de BRAC à un vaste public. Bill Clinton a pris connaissance de BRAC lorsqu’il était gouverneur de l’Arkansas et a invité F. H. Abed, le fondateur de BRAC, à lui rendre visite et à le conseiller sur le développement des microentreprises. Il a rencontré à nouveau M. Abed lorsqu’il s’est rendu au Bangladesh en sa qualité de président, et lui a dit : « Lorsque je prendrai ma retraite, je veux faire ce que vous faites. » En 2007, il a remis à M. Abed l’un des premiers prix Clinton Global Initiative, parce qu’il comprenait ce que BRAC avait accompli et ce que cela signifiait. Robert Chambers a dit : « Il fallait absolument que quelqu’un écrive ce livre », ce qui est vrai – il y a longtemps qu’on aurait dû écrire cette histoire.

Votre livre trace le portrait de BRAC. Qu’est-ce qui fait de BRAC un chef de file dans la lutte contre la pauvreté?

C’est un chef de file parce qu’il fait bien ce qu’il fait. C’est aussi une grosse organisation. Il y a là une importante corrélation. Beaucoup de bons projets ne sont jamais réalisés à grande échelle. Les projets pilotes demeurent des projets pilotes parce que personne ne les reprend. BRAC a trouvé une façon d’apporter des solutions simples à d’importants problèmes de santé – tels que la diarrhée chez les enfants, un grand tueur – dans chacun des villages du pays. Chaque année, un demi-million de filles alphabétisées terminent leur cours primaire dans ses écoles informelles. La laiterie produit 90 000 litres de lait par jour, qui proviennent tous des exploitations de personnes qui ont emprunté de petites sommes pour acheter une ou deux vaches. BRAC s’autofinance à 80 p. 100 et implante désormais son modèle dans d’autres pays de l’Asie et de l’Afrique. Cela serait remarquable dans le cas d’une ONG canadienne ou britannique, mais dans le cas d’une ONG bangladaise, c’est époustouflant.

La microfinance est un mot à la mode actuellement. Quelle est la clé de sa réussite?

Les possibilités d’investissement pour l’emprunteur sont la clé. Dans de nombreux programmes de microfinance, les emprunteurs s’intègrent tout simplement à l’« économie de boutique » – en installant un éventaire dans le marché et en vendant des choses produites ailleurs. BRAC a toujours compris que la clé de la réduction de la pauvreté doit être fondée sur la production – de nouvelles possibilités de subsistance créatives pour les populations pauvres en milieu rural. De telles possibilités sont rares et elles appellent plus qu’un prêt et quelques ateliers. BRAC a déployé beaucoup d’efforts pour déterminer les conditions propices à la réussite de nouvelles exploitations d’aviculture, d’élevage laitier, d’agriculture et de pêche. Il faut souvent fournir de l’aide pour les intrants et la commercialisation, et bâtir une chaîne que peuvent faire fonctionner les emprunteurs à diverses étapes : tout cela prend du temps. Pour BRAC, ce n’est pas tellement la microfinance comme telle qui est importante, mais les nouvelles entreprises productives. La microfinance est le point de départ, le lubrifiant du développement des entreprises et non une fin en soi.

Le livre renferme-t-il des leçons pour l’DDII?

Je crois qu’il s’y trouve des leçons pour l’DDII et pour quiconque aspire à une vie meilleure pour le 1,3 million de creuseurs artisans de diamants. La première leçon, c’est que les moyens de subsistance de remplacement ne poussent pas dans les arbres. La deuxième, c’est que les coopératives et la microfinance ne sont pas une panacée pour régler les problèmes de développement. Troisièmement, pour régler des problèmes profondément enracinés, il faut créer de réelles possibilités, qui doivent être mises à l’essai et éprouvées avant qu’on les offre aux gens qui vivent au bord du désespoir. Une quatrième leçon pourrait être que rien ne remplace l’essai et l’erreur, l’apprentissage et le travail.

Pourquoi avez-vous intitulé votre livre « Freedom From Want »?

Ce titre n’est pas de moi. Je voulais l’appeler « The Third Freedom » ce qui, à mon avis, aurait été plus évocateur, avec un bon sous-titre évidemment. Mais l’éditeur a toujours raison. Les deux titres renvoient aux « quatre libertés » mentionnées dans le discours de FDR en 1942, lorsqu’il a dit que l’affranchissement du besoin pourrait être réalisé dans les quelques années suivantes. Évidemment, tel n’a pas été le cas, mais de toute évidence, avec le bon type d’investissement et de soutien, BRAC montre qu’une multitude de personnes peuvent vraiment s’affranchir du besoin – ou acquérir « la troisième liberté ».

Fazle Hasan Abed est la preuve qu’une personne peut faire changer les choses. Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré dans son histoire?

Il y a tellement de choses exceptionnelles dans l’histoire de M. Abed, mais je crois que ce qui est le plus étonnant, c’est qu’il n’a entrepris cette démarche que lorsqu’il avait déjà 36 ans. Il a renoncé à une belle carrière en tant que cadre chez Shell Oil – pas comme quelqu’un qui entre en religion, mais parce qu’il a vu le défi en matière de développement et a cru qu’il pourrait faire changer les choses. Et c’est ce qu’il a vraiment fait. Qu’un homme d’un certain âge ayant de tels antécédents inhabituels puisse accomplir tout cela signifie que nous pouvons tous « faire changer les choses ».

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